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A. Titeca Sexologue Sophrologue Addictions - LILLE

Lorsqu'intervient un traumatisme affectif ou sexuel

 

 

1 - Quels sont les évènements qui peuvent donner lieu à un traumatisme affectif ou sexuel.

 

Dans nos vies, de nombreux événements, accidents peuvent subvenir et avoir des conséquences plus ou moins importantes sur  la construction de notre identité sexuée. Certains événements peuvent être considérés comme des traumatismes affectifs et entraîner des séquelles importantes dans la vie du sujet notamment dans sa vie sexuelle et affective.

Il n'existe pas de traumatisme minime; la gravité des séquelles dépend de l'impact émotionnel ressenti et de l'âge de la personne au moment de l'événement traumatique. 

Dans cet article, nous prendrons en considération trois événements traumatiques particuliers qui peuvent intervenir dans la vie d'une personne:

  • Une rupture qui se passe mal.
  • Les agressions sexuelles.
  • L'inceste.

 

2 - Les conséquences pour la personne

 

La rupture

 

 Une rupture est toujours un épisode difficile dans la vie d'une personne. Dans certaines situations, la séparation peut réveiller des blessures anciennes, parfois archaïqueset souvent en lien avec un vécu abandonnique. Les ruptures les plus difficiles sont en générale celles où l'un ou l'autre des ex partenaire, voir les deux ont le sentiment d'avoir été utilisé, "objetisé".

 

 

Les agressions sexuelles

 

Il ne faut pas croire que les agressions sexuelles soient une chose rare. Dans une étude portant sur 4729 femmes d'europe du nord consultant en gynécologie, 26.8% déclaraient avoir été victime d'agression sexuelle. Les conséquences de ces événements traumatiques sont variables en fonction de la nature de l'événement, de la personne, de son vécu. Certaines femmes victimes de viols retrouvent, quelquefois un fonctionnement sexuel et affectif satisfaisant alors que d'autres victimes d'attouchements sans pénétration peuvent vivre de graves perturbations dans leur vie relationnelle, affective et sexuelle.

 

 

L'inceste

 

Nous ne disposons pas de statistique concernant l'inceste. La SNATEM est une association reconnue d'utilité publique qui gère un service national d'écoute et d'aide aux jeunes. Cet organisme recense dans ses motifs d'appels 40000 à 60000 demandes d'aide liées à l'inceste selon les années. 71% de ces appels concernent des appels de mineurs de sexe féminin et 80% des jeunes filles de moins de 15 ans.

Les situations d'inceste constituent des événements traumatiques lourds de conséquences pour la vie sexuelle et affective de la personne devenue adulte. L'enfant abusé est marqué dans sa chaire mais aussi dans sa construction psychique. Très majoritairement c'est le père ou un homme proche de la victime qui est l'abuseur. Le modèle masculin du père devient défaillant voir inexistant dans la psyché de l'enfant; celui-ci ne peut plus s'identifier au modèle paternel dont il a besoin pour se construire.

 

A l'age adulte, les difficultés des personnes victimes de traumatismes sexuels vont se nouer autour de plusieurs points:

  • La relation amoureuse devient une prise de risque
  • Le désir est inaccessible
  • Le plaisir est impossible
  • Le corps est désinvesti
  • 

  La relation amoureuse: une prise de risque

 

La personne victime d'abus ou de violences sexuelles, vit généralement des perturbations importantes dans sa vie sexuelle et affective. Le désir et le plaisir sexuel deviennent uniquement le désir et le plaisir de l'autre. la relation amoureuse est une prise de risque.

  Risquer de refuser

  Le premier risque est de refuser, de rejeter en bloc la relation amoureuse et de rester enfermé inlassablement dans la solitude et l'isolement. Refuser la relation, c'est reproduire le système dans lequel la personne est enfermée.

 

Risquer de céder

  Le second risque est de céder et une fois de plus se laisser faire sans désir, uniquement pour le plaisir de l'autre ou par devoir conjugal, "parce que de temps en temps il faut bien le faire".

 

Les troubles du désir

 

Le désir inaccessible 

    Pour désirer, il faut pouvoir s'aimer, avoir envie de se montrer. mais comment désirer l'autre quand on est enfermé dans un corps qui n'inspire plus que de la honte et du dégout depuis qu'il a été sali. L'estime de soi et l'image du corps sont marquée de façon négative. Le corps est devenu une prison; il faut le soustraire au regard et au désir de l'autre.

 

Le désir remplacé par la honte, la culpabilité et la peur

  Les émotions vécues lors du traumatisme ont tendance à se perpétuer et à s'ancrer dans la personnalité du sujet: peur, honte, culpabilité de se sentir différent, de porter ce fardeau, voir d'avoir suscité le désir de l'autre et d'avoir déclenché sa violence. 

 

Le désir remplacé par la dépression

  La dépression est l'issue la plus fréquente du traumatisme sexuel. Elle permet d'éviter les situations à risque et déclenche un engourdissement sensoriel généralement protecteur.

 

Le désir rendu impossible par la faille identitaire

  Plus l'événement traumatique intervient tôt dans la vie de la personne, c'est notamment le cas pour l'inceste, plus la construction identitaire de la personne sera difficile.Les failles identitaires peuvent restées importantes tout au long de la vie du sujet; elles rendent impossible le désir et ses expressions .

 

Les troubles du plaisir

 

L'impossible plaisir

  Le plaisir devient impossible par l'absence d'abandon de soi dans la relation, par l'absence de confiance en ce corps que l'on refuse, que l'on cache à l'autre et à soi.

 

Les somatisations

 Ces expressions corporelles sont là pour marquer dans le corps l'impossibilité d'éprouver du plaisir.

 

L'agressivité

  Le plaisir est remplacé par l'agressivité; agressivité tournée vers soi en multipliant les troubles: conduites alimentaires, addictionsdiverses, mise en danger de soi, prostitution, somatisations multiples. L'agressivité peut être tournée vers l'autre, elle s'exprime alors par du vaginisme ou des dyspareunies empêchant toutes relations sexuelles. Enfin elle peut se diriger vers les autres de façon globale: conduites antisociales, borderline.

 

La douleur

  Quand le plaisir survient, il se fait culpabilité et se transforme en douleur; celle-ci peut devenir souffrance psychique ou se décliner sous forme de dyspareunies ou inflammations multiples de l'appareil génital.

 

  La reconstruction

 

la guérison est possible mais le chemin qui y mène est parfois long et difficile. La reconstruction s'appuie sur une démarche thérapeutique à deux niveaux:

  • Le niveau corporel

L'objectif est de permettre à la personne de réinvestir les sensations corporelles et son schéma corporel. En se réappropriant progressivement le corps, les patients valorisent l'image qu'ils ont de celui-ci, apprivoisent les sensations et le plaisir corporel.

Les outils de la sophrologie sont particulièrement adaptés à ce type de travail; toutes les thérapies impliquant le corps sont également conseillées. Nous pouvons aussi mentionner le yoga, la relaxation, certains arts martiaux.

  • Le niveau psychothérapeutique
  • 

Le travail de reconstruction psychologie peut se faire avec un psychologue, un psychothérapeute ou un sexothérapeute sous réserve que les professionnels soient formés en sexologie. Ce travail de reconstruction peut s'appuyer sur différents courants de la psychologie: analytique, comportementaliste ou cognitiviste, voir de préférence sur plusieurs courants à la fois, c'est à dire que le thérapeute proposera tel ou tel outil en fonction de la difficulté.

 

Guérir, c'est transformer peu à peu l'expérience affective du corps. Progressivement le patient fait le lien entre l'événement traumatique et la situation que vit la personne aujourd'hui. Lorsque le lien est établit entre l'événement, l'impact émotionnel qu'il a déclenché et la situation actuelle, le travail thérapeutique vise à déconstruire, détisser ce lien afin de permettre de nouvelles émotions et réactions.

 

Guérir, c'est tout d'abord reconnaitre que l'on a été victime puis progressivement abandonner cette position de victime.

 

Enfin pour guérir il faut apprivoiser le plaisir, c'est à dire accepter l'idée que l'on peut éprouver du plaisir puis trouver du plaisir dans les sensations corporelles. 

 

  Cuzco

 

 

 

Alain Titeca

Sexothérapeute Sophrologue

06 32 68 36 56

alaintiteca@gmail.com

2 rue Jean Batiste Dumas

59160 Lomme ( à proximité de Lille)

  Nord de la France 

 

 

 

 

  

 

 

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Commenter cet article

Nicolas 11/10/2017 01:38

merci pour votre article , je voit un peu plus clair je comprend encore un peu mieux mes comportements et je sais désormais quoi faire , merci. juste un détail : y'a pas que des femmes victimes !!! mais tout le monde s'en fou n'es pas ???

Alain Titeca 16/10/2017 10:22

Bonjour,
Vous avez raison, les femmes ne sont pas les seules à être victimes de violence. J'accompagne beaucoup d'hommes dans cette situation.
Je reste à votre disposition

Magalie TESSIER 29/06/2017 20:58

merci......